Georges de Gironcourt (1878-1960) a successivement publié deux articles consacrés à ce qu’il appelle la « géographie musicale » dans les numéros de novembre et décembre 1927 puis de février 1939 de La GéoGraphie. Cet auteur, archéologue, ethnologue et géographe, s’est intéressé de très près aux pratiques musicales africaines, entre autres. Il a publié notamment l’art chez les Touaregs, en 1914, des Recherches de géographie musicale en Indochine, en 1943 et la géographie musicale aux îles Marquise, en 1955.
Dans ces deux articles, on trouve les ferments de ce qui va devenir l’ethnomusicologie, mais leur auteur voit avant tout dans les musiques que nous nommerions traditionnelles les traces d’un passé lointain et il utilise davantage ces musiques comme des indices (par exemple pour comprendre les mouvements migratoires anciens) que comme des sujets d’étude à part entière. Son premier article, encore assez emprunt du déterminisme « dur » alors admis dans les sciences humaines, laisse tout de même affleurer des préoccupations ethnologiques pertinentes qui se font mieux jour dans son second article. Sans prononcer le mot métissage, il invoque les mélanges et les emprunts faits à différentes cultures pour composer un ensemble cohérent de pratiques musicales.
Gironcourt – La géographie musicale ![]()
Gironcourt – Recherches de Géographie musicale dans le Sud Tunisien ![]()
